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Deepfakes : quand de fausses images peuvent faire de vrais dégâts
Une histoire qui pourrait arriver à n’importe qui
Imaginons : votre petite-fille de 14 ans rentre du collège en pleurs. Une camarade lui montre sur son téléphone une photo compromettante… qui ressemble trait pour trait à votre petite-fille, mais qu’elle n’a jamais prise. Cette image a été fabriquée de toutes pièces par un logiciel. Ce scénario, malheureusement, n’est plus de la science-fiction. C’est ce qu’on appelle un deepfake, et les chiffres récents sont alarmants : 1,2 million de victimes dans le monde, et 1 enfant sur 25 serait concerné.
Mais qu’est-ce qu’un deepfake, exactement ?
Prenez une photo tout à fait normale — un portrait souriant publié sur un réseau social, par exemple. Grâce à des logiciels utilisant l’intelligence artificielle, des personnes mal intentionnées peuvent coller le visage de cette photo sur un corps dénudé, de manière tellement réaliste qu’on y croit. C’est un peu comme un montage photo, mais en mille fois plus convaincant.
Pour faire simple : imaginez un faussaire capable de peindre un tableau si parfait que même les experts s’y trompent. Eh bien, ces logiciels font la même chose, mais avec des photos et des vidéos, et en quelques secondes seulement.
Le problème, c’est que ces outils sont devenus gratuits et accessibles à tous. N’importe qui, même un adolescent dans sa chambre, peut les utiliser. Et les conséquences pour les victimes sont terribles : honte, harcèlement, dépression, et parfois bien pire. Les victimes sont majoritairement des femmes et des mineurs.
Comment se protéger et protéger ses proches ? 5 conseils concrets
1. 🖼️ Limitez les photos publiées sur Internet
Chaque photo de visage publiée en ligne est une matière première potentielle pour ces logiciels. Vérifiez les paramètres de confidentialité de vos comptes (Facebook, Instagram…) pour que vos photos ne soient visibles que par vos proches. C’est comme fermer les rideaux de votre maison : on ne montre pas tout au voisinage.
2. 💬 Parlez-en avec vos enfants et petits-enfants
Pas besoin d’être un expert en informatique. Dites-leur simplement : « Sais-tu qu’il existe des logiciels qui peuvent créer de fausses photos de toi ? » Ouvrir la discussion, c’est déjà les protéger. Un enfant prévenu saura en parler s’il est un jour victime, au lieu de souffrir en silence.
3. 🔍 Apprenez à douter de ce que vous voyez
Si quelqu’un vous montre une image choquante d’une personne que vous connaissez, ne la partagez jamais. Partager une fausse image, c’est comme répandre une rumeur : même si elle est fausse, le mal est fait. Gardez en tête que désormais, voir n’est plus forcément croire.
4. ⚖️ Sachez que la loi vous protège
En France, créer ou diffuser un deepfake à caractère sexuel est un délit puni par la loi (jusqu’à 2 ans de prison et 60 000 euros d’amende). Si vous ou un proche êtes victime, vous pouvez porter plainte et contacter le 3018, le numéro national contre les violences numériques.
5. 📱 Utilisez la recherche d’image inversée
Si une image suspecte circule, vous pouvez vérifier son origine en la déposant sur Google Images (clic droit > « Rechercher l’image sur Google »). Cela permet parfois de retrouver la photo originale qui a été détournée.
Pas de panique, mais de la vigilance
Ces informations peuvent faire peur, et c’est normal. Mais rappelez-vous : être informé, c’est déjà être protégé. Vous n’avez pas besoin de maîtriser la technologie pour agir. Parler, limiter ce qu’on publie et savoir vers qui se tourner en cas de problème, ce sont des gestes simples qui font une vraie différence. Comme on apprend aux enfants à traverser la route, apprenons-leur ensemble à naviguer prudemment dans le monde numérique. Vous avez un rôle essentiel à jouer, et vous en êtes tout à fait capable.
Source : Presse-citron

