Aibo tire sa révérence : quand un chien-robot entre dans la légende
Imaginez offrir à votre petit-fils ou petite-fille un chien qui n’a jamais besoin d’être promené, qui ne renverse jamais son bol d’eau et qui vous reconnaît à votre voix. Pas de poils sur le canapé, pas de vétérinaire. Juste un regard curieux, des oreilles qui bougent et une façon bien à lui de venir se frotter contre vos jambes. Ce chien-là existe depuis 1999. Et il s’appelle Aibo.
Sony vient d’annoncer la fin de la commercialisation de son dernier modèle, l’ERS-1000, au Japon. Un moment qui mérite qu’on s’y arrête, même si vous n’avez jamais entendu parler de ce petit quadrupède en plastique blanc.
Un chien qui n’a pas de laisse, mais beaucoup d’histoire
Aibo — prononcez « aï-bo », qui signifie à la fois « compagnon » et « partenaire » en japonais — est né dans les laboratoires de Sony à la fin des années 90. L’idée était audacieuse : créer un animal de compagnie robotique capable d’apprendre, de s’adapter et d’exprimer quelque chose qui ressemble à des émotions.
Le principe est simple à comprendre : Aibo est équipé de capteurs (des sortes d’yeux et d’oreilles électroniques), d’une caméra et d’un programme informatique qui lui permet d’analyser son environnement et de réagir. Un peu comme un chien réel qui reconnaît la voix de son maître, Aibo mémorise les visages, apprend des routines et développe une personnalité unique au fil du temps.
La version ERS-1000, lancée en 2018, était la plus aboutie : plus expressive, plus fluide dans ses mouvements, capable de se connecter à Internet et même d’évoluer grâce à des mises à jour régulières. Certains propriétaires, notamment des personnes âgées au Japon, s’y sont profondément attachés. Des cérémonies d’adieu ont même été organisées pour des Aibo « décédés » — comprenez, tombés en panne définitive. 🐾
Zone technique — pour les curieux et les passionnés
🤓 Pour aller plus loin : l’héritage caché d’Aibo
Pour les passionnés de tech, Aibo n’est pas juste un gadget mignon. C’est un jalon dans l’histoire de la robotique comportementale. Le premier modèle, l’ERS-110 de 1999, tournait sur une architecture propriétaire Sony et se programmait via un langage dédié appelé OPEN-R. Une véritable invitation au hacking — et une communauté de moddeurs s’est effectivement formée autour, bien avant que l’open source ne devienne un réflexe.
L’ERS-1000 embarque un processeur quad-core, 256 Mo de RAM, une caméra RGBD (qui perçoit la profondeur, comme un Kinect), et tourne en partie sur du machine learning embarqué. En clair : il apprend vraiment, localement, sans tout envoyer dans le cloud. Une approche que les puristes de la vie privée apprécieront.
Petit easter egg pour les connaisseurs : Aibo a participé à la RoboCup, la Coupe du Monde de football pour robots. Sony sponsorisait une ligue entière. L’image de petits chiens blancs trébuchant vers un ballon orange reste l’un des moments les plus touchants et absurdes de l’histoire de la robotique. 🤖⚽
Ce que cette histoire nous apprend (et ce qu’on peut en faire)
– Ne jugez pas un produit à son apparence. Aibo a souvent été réduit à un « jouet cher ». Il a pourtant contribué à faire avancer la robotique affective, un domaine qui travaille aujourd’hui sur des robots d’assistance pour les personnes isolées.
– L’attachement aux objets connectés est réel. Si vous ou un proche êtes attachés à un appareil, c’est normal — et c’est même un sujet sérieux en psychologie. Préparez-vous à la fin de vie de vos appareils préférés en sauvegardant vos données et en vous renseignant sur le support après-vente.
– Renseignez-vous sur la durée de vie des services associés. Un appareil connecté dépend souvent d’un service en ligne. Quand ce service s’arrête, l’appareil peut perdre une partie de ses fonctions. Posez la question avant d’acheter.
– La nostalgie, c’est aussi du savoir. Retrouver un vieux modèle d’Aibo, c’est toucher à l’histoire de l’informatique grand public. Musées, associations de rétro-tech et forums spécialisés conservent cette mémoire précieuse.
Et maintenant ?
Sony ne ferme pas la porte à Aibo pour toujours — aucune annonce officielle d’abandon total n’a été faite. Mais la fin des ventes au Japon ressemble à un signal clair.
Aibo nous rappelle quelque chose d’essentiel : la technologie n’est pas seulement utile, elle peut aussi être touchante. Elle peut créer du lien, combler une solitude, faire sourire.
Et vous — avez-vous déjà eu un objet technologique auquel vous étiez vraiment attaché ? Un Tamagotchi, une console, un téléphone qui vous a suivi pendant des années ? 💬 Racontez-nous en commentaire.
Source : PhonAndroid


