Quand les humains flirtent avec les étoiles : Sophie Adenot marche dans le vide et une sonde frôle Mercure
Imaginez sortir de chez vous… sans sol sous les pieds, sans air autour de vous, avec pour seul voisinage le vide infini de l’espace. Cette semaine, deux événements extraordinaires nous rappellent que l’exploration spatiale n’est pas que de la science-fiction : une astronaute française a marché dans l’espace, et une sonde européenne a frôlé la planète la plus proche du Soleil.
Une semaine chargée côté cosmos 🚀
Sophie Adenot dans le vide spatial. La semaine a été marquée par la première sortie extravéhiculaire de Sophie Adenot, astronaute de l’ESA (l’agence spatiale européenne). Depuis la Station spatiale internationale (ISS), elle a quitté l’abri protecteur de la station pour évoluer librement dans l’espace, attachée par un câble, pendant plusieurs heures. Une sortie extra-véhiculaire, c’est un peu comme réparer votre toiture… mais à 400 km d’altitude, à 28 000 km/h, avec une combinaison qui vous maintient en vie. Chaque geste est minutieux, chaque outil soigneusement attaché pour ne pas devenir un projectile orbital.
Sophie Adenot devient ainsi l’une des rares Françaises à avoir accompli cet exploit. Son séjour à bord de l’ISS est également prolongé, ce qui lui permet de contribuer encore davantage aux expériences scientifiques menées en apesanteur — de l’étude des os et des muscles humains en microgravité à des expériences sur les matériaux et les fluides.
BepiColombo aux portes de Mercure. Pendant ce temps, à l’autre bout du système solaire intérieur, la sonde BepiColombo — fruit d’une collaboration entre l’ESA et l’agence spatiale japonaise JAXA — effectuait un survol rapproché de Mercure. C’est une étape clé de sa longue approche : la sonde utilise la gravité de la planète comme un frein naturel pour ralentir et se mettre progressivement en orbite. Pensez à un cycliste qui serpente dans les virages pour descendre une côte sans prendre trop de vitesse — BepiColombo fait la même chose, mais avec des planètes.
Zone technique — pour les curieux et les passionnés
🤓 Pour aller plus loin : BepiColombo, ou l’art du billard gravitationnel
BepiColombo, c’est du lourd — au sens propre comme au figuré. La mission est composée de deux orbiteurs empilés comme des crêpes : le Mercury Planetary Orbiter (ESA) et le Mercury Magnetospheric Orbiter (JAXA), baptisé Mio. Lancée en 2018, la sonde a réalisé des flyby de la Terre, de Vénus à deux reprises, et de Mercure à plusieurs reprises avant d’atteindre son orbite définitive prévue en 2026. C’est presque autant de détours qu’un GPS recalculant en pleine forêt.
La mission porte le nom de Giuseppe « Bepi » Colombo, mathématicien et ingénieur italien qui, dans les années 70, avait théorisé les manœuvres d’assistance gravitationnelle — et conseillé la NASA pour la mission Mariner 10 vers Mercure. Un vrai NPC devenu légendaire dans les coulisses de l’astronautique.
Côté Sophie Adenot, sa sortie s’inscrit dans une longue tradition de femmes qui repoussent les limites du vide : de Valentina Terechkova (1963) à Peggy Whitson, en passant par Claudie Haigneré côté français. Et pour les nostalgiques de l’ère Ariane 4 et des débuts de l’ESA, voir un deuxième astronaute français marcher dans l’espace en quelques années, ça ressemble à un très bon speed run de la conquête spatiale européenne.
À noter aussi : les instruments de BepiColombo ont fonctionné partiellement lors du dernier survol malgré des contraintes d’orientation liées à la configuration d’empilement des deux sondes. De vrais gymnastes de l’espace.
Pourquoi suivre ces missions ? 💡
– Restez curieux avec des sources fiables : des sites comme le CNES, l’ESA ou Numerama traduisent l’actualité spatiale en français, de manière accessible et régulière.
– Suivez Sophie Adenot sur les réseaux : elle partage des photos et vidéos depuis l’ISS — un moyen très concret de se représenter la vie en apesanteur.
– Consultez le site de BepiColombo : l’ESA met en ligne les images brutes des survols de Mercure peu après leur réception. Observer une planète quasi inconnue en temps quasi réel, c’est saisissant.
– Expliquez l’espace aux enfants (ou petits-enfants) : ces missions sont d’excellents prétextes pour parler de physique, de courage et de coopération internationale de façon vivante.
– Notez les prochaines dates clés : l’entrée en orbite définitive de BepiColombo est prévue pour 2026. Une bonne occasion de marquer le calendrier et de suivre l’aventure jusqu’au bout.
L’espace, ce feuilleton qu’on ne se lasse pas de suivre
Une astronaute française qui marche dans le vide, une sonde européenne qui apprivoise Mercure : la semaine spatiale nous rappelle que l’humanité ne cesse d’agrandir son terrain de jeu, un vol à la fois.
Et vous, quelle mission spatiale vous fait le plus rêver en ce moment — et pourquoi ?
Source : Numerama


